La revue
Technikart,
n° 162, mai 2012, aura déclenché dans le département de la Creuse une
furieuse polémique en raison d'un article au titre délicat :
« Manuel de survie pour branchés de la campagne — La bouse ou la vie »
avec pour chapeau un texte encore plus délicat que le titre :
« Enterrée dans le Limousin, Guéret est une ville quasi morte où il n'y
a pas de fac, ni de Fnac, ni de Frac mais des ploucs, des viocs, des
bovins en surnombre et… des jeunes, qui, malgré tout, n'ont pas
toujours mauvais goût. Reportage au milieu de nulle part. »
S'agit-il d'une simple provocation de la part d'un magazine, rendant
compte de l'actualité culturelle ? Est-ce finalement une simple tempête
dans un verre d'eau ? En oubliant les stéréotypes mille fois ressassés
et le style convenu de l'auteur de cet article, reconnaissons au moins
que
Technikart
ose aborder un sujet dérangeant : les loisirs des jeunes en milieu
rural.
Pour lire l'article de
Technikart,
cliquer sur le lien :
Technikart-162-gueret-creuse.pdf
Il est évident que la question de « l'ennui » des jeunes en milieu
rural n'est pas nouvelle. Il est également ridicule de vouloir comparer
les loisirs offerts par une ville moyenne comme Guéret à ceux d'une
grande métropole, cela n'a aucun sens. Ridiculiser Guéret au prétexte
que cette ville ne serait pas une ville universitaire est très facile,
c'est à la portée du premier comique troupier venu.
Hélas, la dérision, le mépris de la rédaction de
Technikart
ne sont pas des réponses à l'absence de politique d'aménagement des
territoires ruraux, si tant est, du reste, que de telles politiques, à
l'heure de la mondialisation, puissent encore enrayer le vieillissement
des populations et la désertification rurale.
Pourquoi notre journaliste ne s'est-il pas intéressé à ceux que l'on
appelle les néo-ruraux, à celles et à ceux qui ont décidé de quitter
les mégalopoles pour vivre différemment en Creuse; à celles et à ceux
qui se
battent au quotidien pour tenter d'organiser des concerts, des
animations en tous genres, en un mot à celles et à ceux qui refusent un
déclin inexorable.
Depuis deux décennies, la dérision sordide, la méchanceté arrogante
font office d'esprit chez les belles âmes de la société médiatique bien
pensante.
Pour prendre connaissance des réactions suscitées par cet article, lire
l'article du quotidien
La
Montagne :
Technikart la polémique
Écouter également les reportages de
Radio France Creuse,
en date du 10
mai et du 11 mai 2012 :
rfctechnikart10052012.mp3
rfctechnikart11052012.mp3